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28 octobre 2007

Triangle

Octobre 2007. L'actualité internationale est marquée par le nucléaire iranien. C'est le moment qu'involontairement je choisis pour lire Triangle de Ken Follett.

1968. Un espion du Mossad, Nathaniel Dickstein, est chargé de pourvoir Israël de la bombe nucléaire. En effet, les services secrets israéliens viennent de découvrir que l'Egypte est sur le point de posséder la bombe atomique, et il semble que la sécurité de l'Etat d'Israël ne pourra pas être assurée sans la possession de la bombe.

Mais ce sont des événements bien antérieurs qui vont conditionner l'exécution de ce plan. Des événements que le prologue situe pendant la Seconde Guerre mondiale et en 1947. C'est l'époque des grands idéalismes. Celle où un monde nouveau est à construire ; et à se partager.


Le reste, c'est un roman d'espionnage, une "aventure tout à fait digne de James Bond", nous dit Ken Follett en post-scriptum. Un Ken Follet pas mauvais, bien documenté. Mais pas forcément très rythmé. On avance, on veut connaître la fin, mais on se dit aussi que la fin, on la connaît. Bien sûr que le plan de Dickstein va aboutir. Bien sûr que la fille est fiable. Bien sûr que les méchants vont perdre (la partie, et la vie).
Quelques facilités aussi. On ne peut s'empêcher de sourire en entendant Al Cortone, un ancien ami que Dickstein sollicite, le "don", raconter sa vie. Au loin, la douce mélodie du Parrain de Coppola déroule ses violons ...
Triangle, c'est l'Occident qui décrit le système communiste, c'est le récit des fedayin qui justifient leur lutte, et c'est Israël qui veut assurer sa position dans une région en proie aux luttes d'influence de la Guerre Froide.

Retour en 2007. Les arguments avancés par le chef des renseignements israéliens sonnent comme un écho à ce que l'on entend en ce moment. Ou plutôt comme un "contre-écho"...

Ça se lit. Mais pas urgemment.


Ken Follett, Triangle, Livre de Poche, 1991, 475 pages, 6 €

1 septembre 2007

Harry Potter and the Deathly Hallows

Rien ne sera révélé dans ce billet sur le dénouement de ces sept années qu’aura duré l’affrontement entre Harry Potter et Lord Voldemort, ou sur d’autres éléments constitutifs de l’intrigue. Le but de ce billet n’est pas de gâcher la joie de ceux qui voudront découvrir cette histoire, il est de rendre compte et de susciter l’envie. Car si aujourd’hui, tout le monde sait ce qu’il advient de Frodon Bagins ou de Lizzie Bennet, nous sommes la dernière génération qui ignore comment s’achève la saga créée par J. K. Rowling. Nos enfants ne pourront pas en dire autant.

Si un livre a été attendu, c'est bien celui-là. Pour certains, l'attente aura duré quelques mois, pour d'autres elle aura duré dix ans.
En 1997, J. K. Rowling obtient la publication du premier tome des aventures d'Harry Potter : le contrat de publication porte sur 5.000 exemplaires. En 2007, les sept volumes de la saga ont battu tous les records de vente (il faut compter en centaines de millions d'ouvrages vendus).

La question se pose alors de savoir si ce succès est "mérité". Et la réponse est : oui, mille fois oui !

Après nous avoir donné des pistes à explorer à la fin du sixième tome (Harry Potter and the Half-Blood Prince), J. K. Rowling nous mène sur un tout autre chemin, un chemin parfois très long dont on se demande si le trio pourra trouver l'issue. Cette lenteur momentanée au coeur de l'histoire nous fait perdre pied avec les héros et l’on finit par appréhender le moment où l’auteur devra tout mettre en place hâtivement pour que la conclusion tombe parfaitement. Rien de tel : J. K. Rowling sait distiller ses informations, les présenter au moment opportun et donner le rythme qu’il faut à chaque temps de l’aventure.
Et le lecteur, tout en vivant pleinement avec Harry, Ron et Hermione les moindres détails de leurs angoisses, de leurs joies ou de leurs disputes, obtient toutes les réponses attendues. Même le pottermaniaque attentif au moindre détail. J. K. Rowling nous régale avec son sens du tissage des histoires : tout s'entremêle avec sens et rigueur. On retrouve des personnages rencontrés bien des années auparavant, des endroits traversés à l'occasion des frasques du trio. Tout s'articule merveilleusement. Et l'on se réjouit d'avoir eu de l'intuition pour telle partie de l'intrigue. Et l'on s'en veut de n'avoir pas eu l'esprit plus perspicace pour telle autre.

Le résultat final est un livre noir, dur, violent, magnifiquement rythmé, empreint d’un bel esprit d’aventure où l’amour, l’amitié et le courage sont la clé de tout.


Harry Potter and the Deathly Hallows, J. K. Rowling
Bloomsbury, 2007, 607 pages
Disponible en français le 26 octobre 2007, aux éditions Gallimard.